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Le Blog des Chullis

Les Chullis, une bande de passionnés

Les canyons glaciaires de l'extrême Ep.1

Suivez l'aventure de Murray, Chulli antibois

Publié par : Fanny - le 24 décembre 2018

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Nos Chullis sont des pratiquants, des rêveurs, des hommes et des femmes libres. Libres de pratiquer leurs passions outdoor et de se fixer leurs petits et grands challenges personnels. C'est en novembre 2018, qu'un de nos Chullis, Murray, réalise enfin de ses rêves d'aventure en canyoning... et quelle aventure : Venir à bout de canyons glaciaires extrêmes dans les Alpes Suisse.

Découvrez les deux jours de Murray et ses amis au cœur des profondeurs de la terre.

" Dans chaque discipline de sport outdoor existe un Graal. Bien évidement cela dépend de ce que l’on recherche : la performance, les sensations fortes, les paysages somptueux, le dépassement de soi, l’extraordinaire...  Ne dit-on pas que "L’ordinaire de certains est l’extraordinaire des autres" ? Par exemple en escalade, certains grimpeurs diront que leur Graal serait de gravir une fois dans leurs vies la paroi de 1000m du Nose aux Etat-Unis, d’autres penseront aux falaises de Railey en Thaïlande. D’autres alpinistes penseront plutôt à gravir les plus hautes montagnes du monde comme celle de l’Himalaya, d’autres penseront aux Alpes avec les mythiques faces Nord des Grandes Jorasses ou encore du Cervin.

Comme le titre du livre de Mike Horn : « Chacun dans sa vie à sa propre montagne à gravir ».

En tant que canyoneur, mon Graal serait de réaliser le canyon de Chamje Khola qui se situe dans l'Himalaya, coté v7-a7-EX.

Personnellement, un de mes Graal était les canyons extrêmes glaciaires des Alpes Bernoises Suisses, tels que Gamchi v6a5V et TrümmelBach v5a5V, à coté de l’emblématique face Nord de l’Eiger culminant à 4000m d’altitude. On en parle souvent avec les amis de ces canyons qui sont si rarement en condition qu’ils paraissent presque impossibles à réaliser. La température doit être d’environ -5°C mais pas trop pour ne pas encombrer le canyon de glace. Pas trop de neige pour le risque d’avalanche. Le débit d’eau doit être au plus bas car les étroitesses ne permettre pas la descente en gros débit. Il faut l’autorisation du propriétaire pour faire la descente. Il faut que les dates collent avec l’emploi du temps et surtout une équipe solide motivé à descendre ces monstres. Bref pas facile à réunir toutes ces conditions en même temps.

Nous sommes en 2018, l’année où je réalise l’un de mes rêves : Passer le diplôme DEJEPS Canyon. Cela fait plusieurs années que j’ai envie d’encadrer des personnes dans les canyons et de transmettre ma passion de la montagne grâce à l’expérience acquise avec les années. Grâce à Chullanka qui me soutient, je peux enfin toucher du bout des doigts ce rêve. Le camp de base se situe au CREPS de MONTPELLIER.

Nous sommes en novembre 2018, l’opportunité de réaliser ces canyons se profile. Cela fait déjà plusieurs années que l’on pense réaliser ces canyons glaciaires mais les conditions ne sont jamais toutes réunies. Cet automne 2018 est une année exceptionnelle pour ces canyons. Nous voyons que Gamchi est réalisé la semaine avant notre projet. Quelle bonne nouvelle ! On se prépare et peaufinons les derniers détails : Matériels, topos, organisation hébergement et déplacements. Ne reste que le facteur météo qui est impossible à prédire car plusieurs dépressions sont en Europe.

Nous voilà le vendredi 23 novembre 2018, il est 15h, le dernier point météo est moyen mais toutes les autres conditions sont réunies. Je décide que ça serait bête de laisser passer une belle opportunité comme celle là. Ni une ni deux, je prends la voiture et je décolle en direction de Nice pour rejoindre l’équipe. Sur le chemin, Davy nous fait un point météo extrêmement négatif qui stipule que deux fronts de dépression arrivent depuis l’Espagne et va engloutir les Alpes. Pourtant il n'est pas possible que l’on passe à coté d’une pareille occasion. Je réfléchie et trouve une solution : Appeler Eric Wyss, formateur au Creps de Montpellier en tant que météorologue et gros pratiquant de parapente. Je me souviens que dans ses cours, il nous avait dit qu’avec des croisements de données, il arrivait à savoir si la météo allait être bonne dans une vallée et pas dans celle d’à coté. Il me dit, après des recherches sur la météo Suisse, que l’on a un créneau de Samedi au matin au dimanche 14/15h maxi et qu’il fallait que l’on fasse bien attention à croiser ses données avec la météo en local une fois sur place. De plus, j’appelle Cyril Bougouin, un moniteur de canyon particulièrement pointu sur la météo et la sécurité. Il me dit aussi que la météo serait bonne pour ce week end en Suisse. FEU VERT !

Je préviens les amis, tous le monde est ok, on décide d’y aller. Le point de rendez vous est donné, Nice à 2h du mat. Cela nous permettra à chacun de rester passer une bonne soirée avec nos familles avant cette expédition. Dans ce genre d’expédition, il est très important d’être soutenu par sa famille et se sentir libre.
Nous voilà tous réunis dans la voiture, entassés comme des sardines, il est 7h du matin, il pleut et neige depuis des heures sur la route, le moral est plutôt moyen côté météo.

Puis nous passons le tunnel entre l’Italie et la Suisse, et de l’autre coté, nous voyons un grand ciel bleu azur ! Ils avaient raison, les nuages allaient buter contre les Alpes et l’effet de Foën nous laisserait un beau créneau.

On fonce au départ du village de Griesalp, on pose la voiture sur le parking payant à 1430m d’altitude (13FR Swiss), la température avoisine les -5°C, le vent souffle mais la météo est avec nous. Il est 11h du matin, on a à peine dormi dans la voiture sur le trajet, pas eu le temps de manger, on sort de la voiture et commence à s’équiper : Combinaisons humides et sèches, baudriers, casques, cordes de 60m chacun, 2 trousses de rééquipements, crampons et piolets… Bref la totale pour une belle expédition comme celle là. Quelle chance avons-nous d’avoir une telle météo, grand ciel bleu, le soleil tape fort et le vent se calme.

Murray à l'assaut du canyon avec un sac prototype Chullanka en test !

On monte en direction de la hutte de Gamchi à 1810m d’altitude. Le canyon se situant dans les Alpes Bernoises en Suisse, sur la commune de Reichenbach in Kandertal, en dessous du glacier de Gamchiglestscher. On voit ces deux glaciers qui dominent le canyon encaissé avec la marche d’approche à fleur de falaise. Cet accès est très exposé à cause de la glace qui est présente.

Gamchi

On monte pendant 1 heure sur un chemin facile et indiqué. Puis des cascades de glace barrent le passage qui ne nous facilitent pas le passage. Heureusement, quelques mains courantes câblées ont été mises en place et nous avons le matériel adapté grâce au topo de « www.descente-canyon.com ». Un de mes coéquipiers n’a pas pris ses crampons et nous sommes obligés de partager une paire de crampons. Me voilà en train de traverser sur ces vires exposées au dessus du canyon de glace avec 1 crampon et 1 piolet, quand tout à coup, un morceau de cascade de glace casse et tombe devant nous sur les vires à quelques mètres… On se regarde et on se dit : « Vite ! On avance » On traverse ses mauvaises zones pour prendre pieds sur les moraines du glacier de Gamchglestscher pour rejoindre la passerelle qui domine la confluence de Gamchi. Les sources du canyon se prend sur les glaciers de Gamchiglestscher et du Blüemlisalpglestscher, sur les sommets de Bütlasse 3193m, le Gspaltenhorn 3436m, le Morgenhorn 3623m et le Wyssi Frau 3648m.

Marche d'approche vers Gamchi

On s’équipe rapidement par ce froid glacial, petite photo de départ, il est 15h. Nous voila en train de descendre ce tout petit affluent gelé de tout part, qui ne nous donne pas trop confiance car aucun amarrage n’est présent. On désescalade quelques ressauts sans grande difficulté, la glace est présente de partout, sur les rochers et au dessus des vasques. Puis enfin, nous trouvons 2 vieux pitons reliés d’une grande cordelette sur un rappel de 5m. On se regarde tous les 4 et on se dit : « Nous y voila, le point de non retour va être franchi ». On pose la corde et entrons dans l’étroiture.

La première partie du canyon est en fait un confluent du dixit canyon mais nous ne le savons pas encore. On y trouve environ 5 cascades entre 5 et 20 m équipées de mono-point de très bonne qualité. Il y a de la glace de partout, sur les rochers, sur le sol, sur les parois et de plus en plus sur nous. Nous sommes sereins au vu de ce bel équipement et du niveau d’eau faible mais extrêmement froid.

Nous avons décidés de faire du devant-devant. C'est-à-dire qu’une personne est responsable du relais, pose la corde et gère la descente de ses coéquipiers. Dès que le premier est arrivé en bas, il continu tout de suite sur l’obstacle suivant. Il peut alors voir si le prochain amarrage est bon ou s’il faut le changer. Il peut prendre son temps pour équiper et choisir la meilleure méthode pour descendre. Il installe la corde et attend ses compagnons. Avec cette méthode, nous avons décidé que le premier qui descend est équipé d’une corde et une pochette d’équipement. Nous sommes 4 et essayons de rester plus au moins toujours en 2 binômes, comme chez les pompiers. On est garant de la sécurité de son binôme. Et s’il y a un souci, le binôme peut toujours intervenir.

On avale très rapidement la première partie et tombons dans le canyon de Gamchi à proprement dit. On se retrouve dans une partie plutôt ouverte, avec des cascades de glace sur toutes les parois. On avance vite dans ce chaos de blocs gelés. Le peu de points qui nous permettent de descendre sont un peu rouillés mais rien de méchant.

Et puis d’un seul coup, on voit un énorme mur se dresser devant nous. En fait, ce sont les deux parois du canyon qui se touchent sur toute la hauteur et ne laissent qu’une toute petite faille pour passer. Cette faille est profonde, totalement noire et bruyante. L’engagement est total, l’obscuro ne laisse pas la place à l’erreur. Nous savons que lorsque nous rentrerons dans cette bouche béante noire, aucun secours n’est possible et l’erreur est fatale.

Nous nous posons des questions sur les amarrages dans ce méandre. Je pense à ces amarrages obsolètes qui ne tiennent qu’à un fil, fragiles et passagers. Cette vie où en un rien de temps, on passe de la plus grande joie au plus grand désastre."

Suivez le Blog des Chullis pour connaître la suite des aventures de Murray et ses amis, dans les canyons les plus durs d'Europe.

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